Avec des compositions sincères et une identité affirmée, Harsh puise son inspiration dans les sonorités du rock alternatif tout en y apportant sa propre personnalité. Le groupe a répondu à nos questions dans le cadre de la sortie prochaine de son deuxième album…
Vous dites que votre musique est liée à vos expériences de vie : y a-t-il des morceaux dans cet album qui racontent des histoires très concrètes vécues par le groupe ?
xx: Il y en a plusieurs, mais « When We’re Together » nous parle tous particulièrement car il parle de l’amitié et de la famille, qui nous permettent d’avancer. C’est ce qui se passe au sein du groupe entre nous, ainsi qu’avec nos proches.
Est-ce qu’on peut dire que ce deuxième disque est plus personnel que le premier ?
Oui tout à fait, on s’est mis à composer de plus en plus en se demandant avant tout quelle émotion ou quel sentiment on voulait faire passer dans une musique. Au même titre que pour les acteurs, pour être efficace c’est quelque chose qui nécessite de s’inspirer de nos propres sentiments, d’histoires vécues ou d’histoires dont on se sent très proche. Ça en fait inévitablement un album plus personnel.
Vous avez travaillé avec Hannes Braun, chanteur de Kissin’ Dynamite, pour le mix et le mastering de cet album : comment cette collaboration est-elle née ? Et qu’est-ce qu’il a apporté au son du groupe ?
Albert était de passage à Annecy et il est allé boire un coup chez Mathieu de BlackRain. Il venait juste de recevoir le mix de “Untamed” et l’a fait écouter à Albert qui l’a trouvé génial. Mathieu et Swan nous ont donc mis en contact avec Hannes, c’est un des nombreux coups de pouce qu’ils nous ont donnés. On était déjà fans de Kissin’ Dynamite depuis des années et Hannes a en plus une direction artistique qui nous parle (hard rock moderne avec des touches de pop), donc à partir du moment où c’était possible c’était une évidence pour nous. Il comprend tout de suite où on veut aller, on n’a généralement pas plus de deux ou trois allers-retours pour fixer un morceau, et il fait même quelques propositions d’effets sonores qui viennent renforcer l’album. Il nous permet clairement de passer un cap, exactement dans la direction qu’on cherche !
Est-ce que ça vous a poussé à viser un son plus international et calibré pour l’export ?
C’est quelque chose qui est inhérent au style, donc on cherchait probablement déjà dans cette direction sans en être conscients. Le fait est que ça a clairement renforcé cette dynamique !
Votre album « Feels » sort le 3 juillet prochain, et vous le défendez le jour même, sur la scène de La Maroquinerie. C’est un pari un peu fou : vous êtes plutôt dans l’excitation ou dans la pression maximale ?
On a clairement hâte, on pense que ça peut être l’un des meilleurs concerts qu’on ait fait, si ce n’est le meilleur, et on sait qu’on va passer une super soirée. Il y a quand même une légère pression qui est positive et nécessaire, car ça elle nous tire vers le haut, et nous pousse à proposer un show toujours plus ambitieux.
Est-ce que c’est aussi une manière de dire : « on est avant tout un groupe de scène » ?
C’est une réalité, on adore composer et enregistrer, on y prend beaucoup de plaisir, mais on a toujours tout fait dans l’optique de jouer un maximum en live ! C’est vraiment là où l’émotion est la plus intense pour nous. Pour autant, on ne cherche pas forcément à le mettre particulièrement en avant, car le studio reste très important pour nous et on ne veut pas donner l’impression que c’est un passage obligé.
Vous êtes le deuxième groupe français signé chez Fireflash Records, un label encore jeune mais ambitieux : c’est une fierté ou une pression supplémentaire pour vous ?
On a eu plusieurs propositions de labels au cours de ces dernières années, donc la fierté n’est pas d’avoir signé avec un label mais d’en avoir trouvé un qui est très enthousiaste et peut réellement nous pousser ! On n’a pas ressenti de pression de ce côté-là car on n’a jamais considéré le label comme une étape obligatoire.
Entre « Forever Yesterday » (avec ce banjo inattendu) et des titres comme « Fuel to the Fire » ou « Back to Life », il y a un vrai contraste : l’objectif était de montrer les différentes facettes du groupe ?
Comme on le disait, le processus de composition du groupe est désormais concentré sur les émotions et la meilleure manière de les transmettre, et pour ça on a décidé de se donner une vraie liberté au niveau des influences. Ça peut donc amener à des univers différents selon les sentiments abordés, mais c’est toujours unifié par le hard rock !
Le banjo dans une ballade hard rock, c’est assez inattendu, osé et original : comment vous est venue cette idée ?
Assez simplement, le riff était une idée d’Albert à la guitare acoustique. Pendant l’enregistrement, Léo a proposé de le mettre au banjo, et au moment où il l’a dit ça semblait être évident !
Vous avez repris le morceau « Maniac » de Michael Sembello. C’est un classique ultra connu : pourquoi ce morceau en particulier ?
On voulait transformer un morceau connu en hard rock, on en a essayé plusieurs (notamment “Call Me”) mais la version de “Maniac” était la meilleure. Ça nous permet aussi de faire un clin d’œil aux années 80. Même si elles sont moins centrales dans « Feels », elles restent l’une de nos influences.
De cette notoriété, est-ce que c’est plus difficile de se l’approprier que de composer un morceau original ?
C’est différent, on s’est clairement approprié notre version mais ce n’est pas la même chose que de composer un morceau avec notre propre propos de A à Z.
Vous venez d’horizons musicaux très différents : comment ces influences se mélangent concrètement dans votre son ?
On a des goûts musicaux différents mais aussi des influences qui nous rassemblent très fortement (Slash par exemple) et qui nous servent de base. Ensuite c’est difficile à décrire car ce n’est initialement pas une démarche intellectualisée, mais comme on l’a évoqué, on utilise les influences en fonction de ce qu’on cherche à transmettre. Le hard rock sert de liant naturel pour garder un ensemble cohérent et ça donne “Feels” !
Est-ce que ces différences créent parfois des tensions, ou au contraire, c’est votre richesse ?
On pense que c’est notre richesse, le fait de devoir trouver un terrain d’entente commun sur les morceaux nous pousse à être plus exigeants et à retravailler jusqu’à ce qu’on soit tous d’accord.
Vous étiez amis avant de monter le groupe ou c’est la musique qui vous a rapprochés ? Aujourd’hui, vous vous considérez d’abord comme un groupe… ou comme une bande de potes ?
Albert et Julien se connaissent depuis qu’ils ont 4 ans à l’école maternelle, ils ont grandi ensemble comme des frères. Léo et Séverin se sont rencontrés à un concert de Slash (où on était tous présents sans le savoir). On peut dire que c’est avant tout une histoire d’amitié et c’est clairement le moteur du groupe !
Vous êtes proches des groupes BlackRain et Existance : est-ce qu’il y a une vraie “famille” du hard rock moderne français aujourd’hui ? Autrement dit, comment se porte cette scène ?
De notre point de vue en tout cas oui, on s’entend très bien avec eux et plusieurs autres groupes de la scène. Existance ce sont de super potes et on considère BlackRain un peu comme nos grands frères musicaux. C’est toujours un peu compliqué pour le hard rock en France car la scène est très petite. Heureusement les métalleux nous acceptent souvent (on parle le même langage, beaucoup d’entre eux écoutent Guns N’ Roses et Bon Jovi, et on écoute plein de groupes comme Gojira ou Machine Head) et on peut également trouver quelques opportunités sur les scènes plus généralistes !
En remerciant, Romain pour l’opportunité de cette interview. Mais également à Harsh pour leur temps et leurs réponses…
