Megadeth: « Megadeth » @BLKIIBLK

Megadeth
« Megadeth »
Format : Album
Pays : États-Unis
Genre : Thrash Metal
Label : BLKIIBLK
Sortie : 23.01.26
Note : 4/5

Quarante-trois ans après ses débuts en 1983, Megadeth signe son 17ème album studio, sobrement intitulé « Megadeth ». Un choix minimaliste, presque austère, qui sonne comme une évidence. Plus qu’un simple disque, il s’agit presque d’un testament musical, d’un regard frontal posé sur une carrière qui a façonné le thrash metal aux côtés de Metallica, Slayer et Anthrax, au sein du légendaire Big Four. Toujours emmené par Dave Mustaine, le groupe s’appuie sur une formation solide : composée de Dirk Verbeuren à la batterie, James LoMenzo à la basse et Teemu Mäntysaari à la guitare. Une alchimie musicale qui permet à Megadeth de livrer un album sans fioritures, qui va droit au but, animé par une urgence palpable.

Dès « Tipping Point », premier single et titre d’ouverture, le ton est donné. La basse et la batterie imposent un tempo dense et martial, pendant que les guitares tracent des lignes acérées. L’introduction plonge immédiatement l’auditeur dans le bain : Megadeth ne regarde pas en arrière, il avance. « I Don’t Care » prolonge cette dynamique avec une tension quasi permanente, portée par des riffs incisifs et une voix plus nasillarde que jamais, provocante, sans compromis. L’album laisse également une place centrale à la guitare, notamment sur « Let There Be Shred », véritable hommage à la six-cordes. Mustaine y démontre qu’il n’a rien perdu de sa technicité, transformant les contraintes physiques en une intensité brute, concentrée, presque rageuse. Le discours est clair : pas de démonstration vaine, seulement l’essentiel.

Sur le plan thématique, Megadeth aborde la fin de cycle, la désillusion, le défi à l’autorité et la résistance individuelle. Ces idées culminent sur « The Last Note », morceau final avant le bonus, qui agit comme une épitaphe solennelle. Plus résignée que nostalgique, la chanson se conclut par des arpèges acoustiques, donnant l’impression d’un adieu lucide et assumé. Des titres comme « Another Bad Day » ou « I Am War » rappellent également l’importance de la section rythmique, avec un Dirk Verbeuren implacable derrière les fûts, lourd et précis, soutenu par une basse qui ne se contente jamais d’accompagner. Le bonus track « Ride The Lightning », n’est pas anodin. Co-écrit à l’origine avec James Hetfield, Lars Ulrich et Cliff Burton à l’époque où Mustaine faisait encore partie de la bande. Le morceau conserve sa structure originelle tout en adoptant un tempo plus rapide, comme il l’avait fait pour « The Mechanix » qui défiait « The Four Horsemen » dans leur premier album. Placé en fin de tracklist, le morceau donne le sentiment qu’une boucle est enfin bouclée.

Avec ses 11 morceaux n’excédant pas les cinq minutes, Megadeth va droit au but. Pas de lignes de guitare inutiles et pas vraiment d’effets superflus : l’essentiel est là, porté par une alchimie guitaristique évidente entre Teemu Mäntysaari et Dave Mustaine, avec une vision du thrash metal intacte. Si cet album marque bel et bien la fin de l’aventure, Mustaine a fait le choix de partir quand le feu brûle encore, dans la ferveur et en pleine possession de ses moyens (malgré les séquelles physiques ayant récemment affecté son jeu de guitare). Un adieu perçant, digne et cohérent. Plus qu’une résignation, Megadeth décide de sortir par la grande porte, et avec une telle carrière, le groupe restera un incontournable du genre et cela même après le dernier concert de sa tournée d’adieu. Un dernier album pour une fin consciente et pleinement assumée…

Tracklist :
1. Tipping Point
2. I Don’t Care
3. Hey, God ?
4. Let Ther Be Shred
5. Puppet Parade
6. Another Bad Day
7. Made To Kill
8. Obey The Call
9. I Am War
10. The Last Note
11. Ride The Lightning (Bonus Track)

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